L'essence des Katas

Publié le par tom

Les KATAS: Le testament des maîtres

Il s'agit d'une suite soigneusement codifiée de mouvements de karaté, toujours exécutée de la même façon et dans les mêmes directions. Dépendant du kata, on trouvera de 20 à 60 mouvements ou techniques. Ces kihons exécutés dans toutes les directions contiennent toutes les techniques transmises par les vieux maîtres. Ce sont des testaments et le karatéka peut y puiser une source intarissable de progression. C'est l'essence même de l'art; aussi est-il est présent tout au long de notre croissance dans le karaté, du tout début à la toute fin.

Un kata est aux antipodes d'une danse syncopée qui tournerait à vide sur elle-même et dont la seule mémorisation des pas constituerait la réussite; un kata est un combat. Désespéré. Un combat de survie contre huit à dix adversaires décidés à vous éliminer, mais dont les attaques seraient connues d'avance. Bien sûr, ils sont imaginaires, mais chaque mouvement, chaque technique doivent être exécutés avec l'état d'esprit d'un combat réel. De là son aspect formateur si essentiel; pas uniquement au niveau de la forme, du geste, mais aussi au niveau de l'esprit, de l'attitude du karatéka.

Origines des katas

Les katas originent des taos (formes) des styles chinois (kempo) qui ont influencé le karaté et ils formaient jusqu'à la dernière guerre, avec les assauts conventionnels, la seule forme d'enseignement du karaté. Bien que datant d'une époque lointaine, ils ne sont pas périmés pour autant. Au contraire. Le jiu-kumite, par exemple, nous amène à travailler des techniques unidirectionnellement, face à un adversaire unique; le kata seul, nous fait envisager le combat contre de multiples adversaires. Il nous enseigne à parer, esquiver, bloquer en changeant de direction, sauter au-dessus d'attaques, frapper simultanément ou en enchaînement avec pieds et poings, agripper, projeter, luxer des articulations. Le kata nous impose de travailler des techniques que nous aurions sans doute tendance à négliger à la longue, mais qui peuvent se révéler vitales en autodéfense, lors d'un véritable combat pour sa vie.

Efficacité et pureté technique

Il est intéressant de constater qu'un kata commence toujours par une technique défensive, ceci afin de rappeler à tous que le karaté ne doit servir qu'à défendre son intégrité physique. Il compte toujours un ou deux temps forts où l'on pousse un kiai (cri abdominal bref qui aide à concentrer toute l'énergie du karatéka) : c'est le moment où le karatéka porte un coup décisif contre un adversaire plus retors et tenace que les autres. Un des buts du kata est de faire se rejoindre efficacité et pureté technique, de faire comprendre au karatéka que la première découle de la seconde, aussi le respect scrupuleux de la forme du kata est-il un critère indissociable de sa réussite. Le corps et l'esprit doivent se mouler dans cette forme transmise par les maîtres. Ses temps forts, faibles, son rythme respiratoire, les périodes d'explosion physique ou de concentration totale doivent être connus, compris, repris, travaillés jusqu'à ce que le kata s'intègre au karatéka. Admettant cette valeur formatrice par excellence du kata, de cette "forme", on comprendra qu'il est n'est pas souhaitable de modifier, d'interpréter, de transformer à sa guise les katas tels qu'ils nous ont été légués par les maîtres. Du moins pas avant d'avoir soi-même atteint un haut niveau de maîtrise et d'avoir assimilé tout ce qu'ils pouvaient nous transmettre dans leur forme classique, ce qui n'est pas peu

Texte Junior Lefevre.

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